Partager l'article ! Retraites : et si on parlait d'égalité avant toute chose (1ère partie): Martine Aubry sur RTL parle, au sujet de son contre projet sur l ...
Martine Aubry sur RTL parle, au sujet de son contre projet sur les retraites, « de justice et de réalité sociale ». Xavier Bertrand, que ne veut probablement pas être en reste, affirme que les propositions faites par son parti visent « la justice et l’équité » (se reporter à la convention de l’UMP).
Nous ne parlerons pas des autres partis dont les discours, sur ce sujet, sont particulièrement inaudibles.
Aux frontons de nos mairies, trois mots qui symbolisent les valeurs de la République : « Liberté – Fraternité – Egalité ».
On pourrait penser que c’est sur le sujet des retraites, que la valeur « égalité » devrait être la plus sensible. Surtout en ce qui concerne le régime par répartition qui devrait être le garant de cette égalité et d’une redistribution plus juste et équitable.
Les politiques en sont probablement convaincus et cela se manifeste dans leurs discours, mais malheureusement pas dans leurs propositions, ni dans leurs actes. Ceci est certainement dû à des problèmes d’électorat ou de clientélisme. Peut être aussi la « peur » des corporatismes prompts à défendre leur petit pré carré.
En effet, aucun d’entre eux (les politiques) n’a le souci de faire en sorte que chaque citoyen ait les mêmes devoirs et les mêmes droits face à ce qui déterminera ses moyens d’existence dans la dernière partie de sa vie.
Faisons un point sur les différents systèmes actuels qui ont cours aujourd’hui.
Tout d’abord les deux systèmes PUBLIC et PRIVE.
Les retraites des fonctionnaires sont extrêmement avantageuses par rapport à celles des salariés du privé. Voyez plutôt le tableau qui suit :
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Fonctionnaires |
Salariés du privé |
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Age légal de la retraite |
50 ans, 55 ans ou 60 ans |
60 ans |
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Base de calcul de la pension |
6 derniers mois de traitement |
régime de base : 25 meilleures années |
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Possibilité d'une retraite anticipée pour les parents de 3 enfants |
oui |
non |
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Distribution de "trimestres gratuits" (hors bonifications familiales) |
Oui, bonifications pour les services hors Europe, pour les services Outre-mer, etc. |
non |
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Réversion |
aucune condition d'âge |
à partir de 55 ans |
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Cotisations salariales |
7,85 % du traitement de base (et 5 % sur une fraction des primes) |
10,55 % de l'ensemble de la rémunération |
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Niveau des retraites garanti |
oui, 75 % du dernier salaire pour une carrière complète |
non |
Comme on peut le constater, les différences sont significatives et se passent de commentaires.
Ajoutons à cela l’existence de la Caisse Nationale de Prévoyance de la Fonction Publique « La Préfon » qui offre aux fonctionnaires un système de retraite par capitalisation très avantageux (permettant, par ailleurs, un avantage fiscal important) ainsi que la possibilité de souscrire une assurance couvrant certaines formes de dépendance et une assurance qui verse un capital à l’assuré en cas d’invalidité permanente absolue ou à un tiers en cas de décès. Même si cette caisse a été mise en place en 1967 pour pallier la baisse de revenus que provoquait la non prise en compte des primes et indemnités dans le calcul de la retraite (atténué en 2005 par la prise en compte de 20% des primes), elle reste beaucoup plus avantageuse que l’intégration totale des primes et indemnités et il est peu probable que les fonctionnaires soient prêts à y renoncer. Alors pourquoi les fonctionnaires et pas les salariés du privé ?
Préfon retraite est défini comme le placement épargne retraite majeur pour les fonctionnaires.
Lorsque l’on aborde ce sujet avec certains fonctionnaires, ils font remarquer que les salaires sont plus bas dans la fonction publique que dans le privé. C’était certainement vrai il y a quelques décennies, mais plus maintenant. Prenez la grande majorité des jeunes entrant dans la vie active, ils désirent « être fonctionnaires ». D’accord, la garantie de l’emploi, autre avantage indéniable, par les temps qui courent, y est pour quelque chose.
Autre argument, on vous dira que c'est par des luttes incessantes que les fonctionnaires ont obtenu leurs avantages. Peut être, sûrement même, mais il est plus facile de "lutter" quand on peut bloquer l'économie d'un pays que lorsque son action ne bloque que l'entreprise dans laquelle on travaille. On a vu des chefs d'entreprises heureux du déclenchement d'une grêve parce que les charges de travail étaient insuffisantes.
Nous pourrions citer un autre avantage comme les promotions effectuées dans l’année qui précède la retraite pour augmenter son montant.
A signaler, le fait que l’IRCANTEC (caisse de retraite complémentaire des fonctionnaires contractuels et des élus locaux, déjà deux fois meilleurs que celui des salariés du privé), puisera, à terme, de 6 à 8 milliards d’euros dans les caisses complémentaires des salariés du privé, déjà exsangues (Cnav / Agirc-Arrco). Le prétexte, pour cette opération, est le changement de statut de la poste.
Petit rappel : A l’IRCANTEC (régime du public) pour un taux de cotisation de 5.63%, le rendement est de 11.40%. Par contre, Pour l’AGIRC et l’ARRCO (régime du privé) pour un taux de 9.5%, le rendement est de 6.64% (ARRCO) et de 6.75% (AGIRC).
On pourrait aussi parler des conditions faites aux femmes qui ont, dans le privé contrairement au public, des carrières beaucoup plus irrégulières que les hommes, carrières où le temps partiel est roi.
Autre particularité, les régimes spéciaux des gaziers, d’EDF et de la SNCF ne seront pas concernés, pour l’instant, par la réforme.
Nous jetterons un voile pudique sur les retraites des artisans et commerçants dont la pension moyenne après une carrière complète est de 800 euros par mois (vous avez entendu un quelconque responsable politique en parler ?).
Comme on le voit, les français sont très inégaux devant le retraite.
Dans la deuxième partie, nous examinerons les retraites de nos élus.
A bientôt.
John Doe
J'attends avec impatience celle qui parlera des retraites de nos élus qui se "partagent le gâteau"... sans vouloir revenir sur la largesse des décisions prises par eux-mêmes !
JC G
Merci de nous lire.
A bientôt
John Doe