Mardi 15 juin 2010 2 15 /06 /Juin /2010 17:23

 

Vous avez été nombreux à consulter nos articles sur les retraites. Cela prouve votre intérêt pour ce sujet qui nous concerne tous, à plus ou moins long terme.

Après avoir fait l’inventaire des régimes de retraite les plus courants ou les plus scandaleux (pardon à tout ceux concernés par d’autres régimes que nous n’avons pas analysés) voyons un peu (à notre manière) les données du problème et peut être un début de solution pérenne.  Solution pérenne, car nous sommes convaincus que le problème posé en termes financiers, comme il l’est, par tous, actuellement, se reposera dans quelques années. Une réforme de fond est nécessaire et nous ne sommes pas convaincus que tous les acteurs (politiques de droite ou de gauche, syndicats ou patronat) soient vraiment motivés pour mettre toutes les données du problème sur la table.

Commençons par une note d’humour.

Quoiqu’elle soit révélatrice de l’inculture de nos élites.

Tous utilisent le mot réforme pour qualifier les transformations qu’ils veulent imposer aux systèmes de retraites. Tous prétendent que, pour les sauver, il faut en passer par

soit un allongement du temps de cotisation,

soit une augmentation des cotisations,

soit un départ plus tardif,

soit une baisse des pensions,

soit de nouvelles cotisations

etc ….

Rappelons la définition du mot réforme (le petit Larousse illustré) : « Changement important, radical apporté à quelque chose, en particulier à une institution, en vue de l’améliorer »

Etant donné que nos élus sont là pour améliorer notre quotidien et faire en sorte que nous vivions dans un monde qui nous apporte plus de bien être et plus de bonheur (nous ne voterions pas pour des gens qui nous promettraient plus de malheur et de désespérance, n’est ce pas ?), il est curieux que les gouvernants actuels appellent « réforme » des actions qui vont nous faire travailler et payer plus longtemps (à moins que ce soit ça le bonheur).

Encore plus fort, l’opposition se paie le luxe d’appeler ses propositions une contre réforme. Donc, la mise en place de propositions qui, si l’on en croit la définition ci-dessus, consiste à détériorer l’institution « retraite ».


On ne peut parler d'amélioration du système gérant nos retraites que s'il y a amélioration de nos conditions de vie avant et pendant notre retraite.

 

Il faudrait vraiment que tout ce petit monde révise son vocabulaire !

Fin de la note d’humour

 

Soyons plus sérieux !

Tout ce que nous allons développer ci-dessous ne concerne, bien évidemment que le régime de retraite par répartition.

Vous avez compris en lisant nos articles précédents qu’il nous semble essentiel que chaque citoyen, soit sur un même pied d’égalité.

Est-ce une utopie d’espérer que chaque français profite un temps soit peu de sa retraite dans des conditions décentes.

Voyons déjà les conditions actuelles de départ  dans le secteur privé où la visibilité sur la retraite est beaucoup moins claire que dans le secteur public. Secteur public où il n’y a pas de perte d’emploi par licenciement, donc des carrières stables.

Actuellement, plusieurs cas peuvent se produire pour pouvoir toucher sa retraite à taux plein:

Avant 60 ans, le départ en retraite est ainsi possible

à 56 ans pour les assurés ayant commencé à travailler avant 16 ans et disposant de 42 ans de cotisations.

à 58 ans pour les assurés ayant commencé à travailler avant 16 ans et disposant  de 41 ans de cotisations

à 59 ans pour les assurés ayant commencé à travailler avant 17 ans et disposant de 40 ans de cotisations

Tout départ avant 60 ans, n’entrant pas dans le cadre ci-dessus, fait l’objet d’abattement (la retraite n’est pas à taux plein).

A 60 ans

La retraite est versée à taux plein si l’on a cotisé pendant 40 ans (41 ans à partir de 2012).

Après 60 ans

La retraite est versée à taux plein au terme des 40 ans de cotisations. La moyenne des départs actuels, à taux plein, se situe à 61.5 ans.

Pour les personnes qui ne pourront jamais avoir 40 années de cotisation, l’âge légal, pour toucher une retraite à taux plein, calculée sur les années cotisées, est 65 ans.

A noter que cette mesure est très importante, et pas assez soulignée.

Elle garantit  qu’il n’y a pas d’abattement en cas de nombre d’année de cotisation insuffisant. Cela, du fait des parcours de plus en plus précaires dans le privé, va se produire de plus en plus souvent.

Nous nous trouvons donc devant deux cas extrêmes.

Les carrières dites longues (début dans le monde du travail très jeune) qui rentrent dans le cadre (1)

et

les carrières qui commencent très tard qui vont amener les personnes concernées à prendre leur retraite à beaucoup plus de 60 ans.

Que faire ?

Prenons comme postulat que la retraite doit être une période heureuse qui permet aux gens de s’épanouir dans une autre manière de vivre.

L’allongement de notre espérance de vie n’est intéressant que s’il s’accompagne d’un certain bien être. En résumé vivre plus vieux mais de manière à profiter plus longtemps de l’existence, dans des conditions optimales de qualité et surtout de santé.

Or que constatons-nous? Que statistiquement, l’espérance de vie en bonne santé (source INSEE) est de 63 ans pour les hommes et de 64 ans pour les femmes (59 ans pour un travailleur du bâtiment). Est-ce que ce ne sont pas ces données qui devraient être prises en compte ?

Alors, cela va en faire « bondir » certains, mais ne serait-il pas possible de :

appliquer le même calcul de retraite à tout les français sans exception

appliquer le même taux de cotisations à tout les français sans exception

permettre le départ à la retraite à taux plein au bout des 40 années de cotisation quelque soit l’âge atteint.

mettre en place un montant minimum de pension, même si le calcul de la retraite n’atteint pas ce niveau. Ce montant garantirait un revenu décent qui pourrait être équivalent à 2.5 fois le minimum vieillesse actuel.

mettre en place un montant maximum de pension, même si le calcul de la retraite dépasse ce niveau. Ce montant maximum pourrait être égal à 4 fois le minimum vieillesse.

A partir de ces données, nous pensons que le financement de la retraite par répartition posera beaucoup moins de problèmes et que le montant des pensions sera plus juste.

Bien entendu, les personnes disposant de moyens financiers conséquents pourraient se permettre de se construire des retraites plus aisées. Mais notre système par répartition garantirait une retraite digne à tous. N’est-ce pas son rôle ?

On vous avait prévenu que nos propositions étaient utopiques ! Mais, on peut rêver.

Bien sûr, vous avez le droit de ne pas être d'accord. Mais justement, la possibilité de laisser un commentaire vous permet de vous exprimer, profitez en!

John Doe

 

 

Par L'admin - Publié dans : actualité
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