Mercredi 14 octobre 2009 3 14 /10 /2009 16:48

 

Je ne sais pas si vous avez des informations sur les projets du Maire en ce qui concerne « la grange des près » (terrain agricole en vente avec bâtiments conséquents et faisant l’objet d’un bras de fer entre certains agriculteurs et  E.Chaulet), mais la communication de la Mairie est plutôt minimaliste. Rien sur le site internet, rien sur le blog de Chaulet, pas grand-chose dans les comptes rendus des différentes réunions du conseil  municipal. Vous en savez peut être plus que moi mais ce que j’entends autour de moi et surtout ce que je constate dans les journaux me fait penser que le projet du Maire, consistant à mettre en place un domaine agricole pratiquant l’agro-écologie, est en bonne voie.

On en parle beaucoup au sujet du nouveau film de JP.Jaud  puisque déjà un tournage a eu lieu sur le domaine de « la grange des prés ». Aux dires de notre correspondant du Midi Libre, qui est lui-même conseiller municipal à Barjac, ce domaine « à terme, pourrait devenir un exemple vivant, une démonstration de ses thèses   (comprendre les thèses de JP.Jaud) ». Tout cela va dans le sens du souhait de JP.Jaud qui se résume dans cette déclaration un peu pompeuse : « De la nourriture à la terre, la terre nourricière ».

Alors sous quelle forme cela va-t-il se faire ? Ce n’est qu’une hypothèse, puisque  je ne suis pas dans le secret des dieux, mais la présence de certaines personnes dans le sillage de JP.Jaud et d’E.Chaulet est assez révélatrice.

 

D’abord, Sjoerd Wartena, Président de l’association Terre de Liens.

 

Il faut savoir que le but de cette association qui est, en fait, une SCA (Société en Commandite par Action à capital variable), appelée La Foncière Terre de Liens,  a pour but de dégager (comprendre acquérir ?) du foncier en vue de l’installation d’agriculteurs bio.

Son capital au 15 septembre 2008 était de 950 000 € ; 100% de ce capital est destiné à financer l’acquisition et la gestion de biens immobiliers en milieu rural.

C’est une structure juridique pour laquelle on distingue deux types d’associés :

Les commanditaires, ce sont les actionnaires qui apportent le capital. L’action était, fin 2008, à 100 € et il n’y a pas de distribution de dividendes. Les actionnaires étaient 197 fin 2008 (personnes physiques ou personnes morales de droit privé ou associatif).

Les commandités (personnes physiques ou Sociétés) qui ont le statut de commerçants, sont nommés à la constitution par les commanditaires.

 

On pourrait penser que la présence de ce monsieur n’est pas due au hasard et que l’acquisition et la gestion de ce domaine pourrait se faire par la Foncière Terre de Liens.

On pourrait penser aussi que cette association aurait pour but d’acquérir du foncier en vue d’aider les agriculteurs locaux à se développer, notamment dans le bio. Malheureusement, si l’on creuse un peu plus profond, on s’aperçoit  que la dite association a pour but essentiel d’accompagner l’installation de personnes ou de collectifs en milieu rural (exit les agriculteurs locaux).

 

Mais tout cela est peut-être déjà fait.

 

Cela nous amène à la deuxième personne présente sur le domaine de « la grange des prés » lors du 1er tournage du film, personne annoncée présente au prochain rendez-vous (2ème tournage du film) avec N.Hulot et E.Chaulet.


Cette personne est Pierre Rabhi , fondateur de Terre et Humanisme.


Terre et Humanisme préconise et enseigne l’agro-écologie.  Parmi toutes ses activités il en est une qui pourrait s’installer sur le site de la grange des prés ; à savoir un lieu d’expérimentation. Il en existe déjà un à Lablachère en Ardèche : le mas de Beaulieu qui est aussi le siège de l’association.

 

Voilà ce que l’on peut dire avec toutes les réserves que je me dois de mettre sur ces constatations, mais deux tournages sur le domaine de la grange des près pour un film qui justement entend faire la part belle à ces deux associations ; il y a de quoi se poser des questions.

Ce n’est pas que la démarche me choque. Ce qui me choque, c’est l’attitude du Maire de Barjac qui est, sans conteste, partie prenante dans cette affaire.

Son rôle est de défendre les agriculteurs locaux. La démarche vers le bio peut être séduisante pour eux, encore faut-il qu’on leur donne les moyens de passer le cap des trois ans nécessaires à la mise en sommeil des terrains et surtout que l’on mette en place des formations leur permettant de maîtriser l’agriculture biologique.

De toute façon, on attend d’un Maire qu’il défende son territoire et ses administrés, pas qu’il fasse le beau avec des gens qui pourraient à terme entrer en concurrence directe avec nos agriculteurs . On devrait le trouver auprès des petits producteurs qu’ils soient « estampillés » bio ou non. Beaucoup d’entre eux produisent des cultures ne rentrant pas dans les contraintes drastiques imposées par le label mais étant certainement plus « bio » que les produits importés qui constituent la grande majorité de la consommation « bio » française.

Il serait bon qu’E.Chaulet conseiller général, suive les directives de son Président D.Allary, je cite : « le passage au bio ne se décrète pas ; il faut aider les agriculteurs à se convertir ", et puis : " toutefois, je ne veux pas laisser sur le bord du chemin les autres agriculteurs. J'ai la responsabilité d'un département dans son entier

 

E.Chaulet a la responsabilité de son village dans son entier. Ce n'est pas l'impression qu'il donne. Après le mépris envers les commerçants, c'est le mépris envers les agriculteurs. Il est vrai qu'il semblerait que les deux catégories ne soient pas son électorat. 

 

Ce comportement du Maire de Barjac n'est malheureusement pas isolé. Dans le Midi Libre du 18 octobre, nous découvrons un article : le titre "Max Roustan aime le  bio". Il est question de développer une filière bio au niveau du Pays des Cévennes. Louable intention, mais là aussi "gros bémol". Max Roustan veut trouver des terres supplémentaires pour permettre l'installation d'agriculteurs, au lieu de s'occuper des terres actuellement cultivées et des agriculteurs qui en vivent.

Espérons que Max Roustan, Edouard Chaulet et les autres élus qui se sentent concernés par ce sujet, prennent conscience qu'il faut absolument mettre les agriculteurs de nos régions au centre de la démarche "bio". D'autant plus que  cette démarche, quoique les élus pourront  en dire, coûtera du temps et de l'argent pris sur les impôts locaux payés par ceux que l'on va laisser au bord de la route. Les problèmes du monde agricole sont assez importants pour qu'on se dispense de les amplifier en développant à côté d'eux une autre filière. Ce sont eux sur leurs propres terres qui doivent développer cette agriculture. C'est peut être, un petit bout de début de solution à leurs problèmes.

 

Mais cela ne doit pas occulter les nombreux problèmes qui restent en suspend : Le "bio" pour qui ? Quelques privilégiés où tout le monde ? Est-ce que le tout "bio" est possible ? Et plus généralement, comment peut-on nourrir toute la planète aujourd'hui et demain (un milliard d'êtres humains souffrent de malnutrition et il faudrait multiplier par 3 les investissements agricoles pour régler le problème)?

 

Encore une fois, c'est aux politiques de prévoir l'avenir (gouverner, c'est prévoir). Lorsque l'on se bat pour une cause, il est primordial d'avoir une vision à long terme. Cela ne paraît pas être le cas pour l'instant.

 

 

 

John Doe

 

Par Admin - Publié dans : actualité - Communauté : Barjac mon village
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