Comme nous l’avons vu précédemment, la pose de panneaux photovoltaïques devient une affaire hautement commerciale.
On constate, comme l’instrumentalisation du développement de l’agriculture biologique met en place une alimentation à deux vitesses au sein de la population, une cassure entre :
ceux qui peuvent bénéficier des mesures exceptionnelles, en terme d’économies et de gains d’argent, qui accompagnent l’installation d’une énergie renouvelable, tout en passant pour des protecteurs de la planète
et ceux qui, ne pouvant entrer dans le système, seront considérés, à terme, comme des pollueurs.
Mais, parlons un peu technique.
En ce qui concerne les panneaux photovoltaïques, une surface de 10 m2 produit sensiblement 1 kw en courant continu, qu’il faut transformer en courant alternatif au moyen d’un onduleur. En effet, peu d’appareils domestiques fonctionnent en continu. Etant donné que le rendement des onduleurs est loin d’être égal à 1, on se retrouvera avec une puissance disponible inférieure à celle produite par les panneaux photovoltaïques. Or, une simple plaque électrique a une puissance moyenne de 2 kw, un four 2.5 à 3 kw, un lave linge, un lave vaisselle ou un sèche linge 2.5 kw. Le contrat minimum fourni par EDF étant de 6 kw, on voit très vite que si l’on veut faire fonctionner une installation minimale, il va falloir 60 m2 de panneaux photovoltaïques.
Pour un usager qui habiterait dans un lieu isolé, où il ne pourrait se raccorder au réseau EDF, il faudra ajouter un dispositif de stockage de l’énergie produite (en l’occurrence des batteries installées dans un local sécurisé car elles dégagent de l’hydrogène). Le prix des batteries est sensiblement égal au prix de l’installation des panneaux.
La pose des panneaux
Laissons de côté la pose au sol. La pose sur toiture est de deux types :
La pose sur toiture existante. Elle est risquée car les panneaux peuvent être facilement démontés et volés. Le vol de ces panneaux n’est pas rare, il faut admettre que c’est une activité en pleine expansion. On retombe dans le mercantile. Mais de toute façon, il n’y a aucune autre solution sur bâtiments existants.
La pose lors de la construction de la maison ou du bâtiment.
Le coût de ces deux types d’installation est différent ainsi que les subventions allouées.
Durée de vie et rendement
La durée de vie des panneaux photovoltaïques est actuellement comprise entre 15 et 20 ans
Les fabricants garantissent une production minimale de 80% après 8 à 10 ans d’utilisation.
La durée de vie d’un onduleur est sensiblement la moitié de celle des panneaux.
Les panneaux sont très sensibles aux orages de grêle. La garantie constructeur est annulée en cas de détérioration de la surface vitrée par la grêle. Le rendement des panneaux diminue fortement en cas de fissuration de la surface vitrée.
La durée de vie des batteries est au maximum de 10 ans.
D’autre part, la productivité annuelle varie suivant l’inclinaison (la pente du toit) et la région d’implantation des modules :
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Position horizontale |
Incliné à 30 degrés |
Incliné à 60 degrés |
Incliné à 90 degrés |
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SUD DE LA FRANCE
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87% |
100% |
96% |
67% |
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SUD EST SUD OUEST
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87% |
95% |
86% |
62% |
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EST OUEST
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87% |
82% |
69% |
48% |
Et pour terminer, voici un exemple de financement pour une installation de 16 000€ TTC :
Matériel : 14 000€
Pose (main d’œuvre): 2 000€
Aide de la région (exemple pris en Rhône Alpes) : 2 400€
Crédit d’impôt : 50% de 14 000 = 7 000€
Aide totale de 9 400€
Reste à charge : 6 600€, soit 41% du montant total initial.
En conclusion, l’énergie photovoltaïque remplace la création d’un réseau électrique et restera moins cher en zone rurale qu’une mise en réseau. Elle est sans concurrence pour fournir une faible énergie sur le lieu même du besoin.
Mais elle représente encore peu de chose dans le bilan énergétique mondial. L’ensemble des modules solaires existant produit autant d’énergie que 20% d’une tranche nucléaire. Ce n’est pas une solution significative pour répondre immédiatement aux besoins énergétiques et aux enjeux internationaux.
Pour clore cette série d’articles qui nous l’espérons vous a intéressé, disons qu’il serait souhaitable que les décideurs (politiques et industriels) prennent tous conscience que dans un avenir visible, nous serons obligés d’utiliser tous les types d’énergie (il y en a d’autres : les pompes à chaleur, le bois, l’eau de pluie, et même les énergies fossiles qui, quoiqu’on en dise seront encore présentes pendant un bon moment) en optimisant ce qu’ils peuvent apporter de positif pour la planète.
Le sectarisme de certain qui sont soit pour le tout nucléaire, soit uniquement pour les énergies dites renouvelables, les sceptiques de tout bord qui traînent les pieds, doivent faire preuve d’ouverture d’esprit et prendre conscience que c’est tous ensemble que nous pourrons faire en sorte que le réchauffement planétaire ne soit pas inéluctable.
Que la solution n’est pas unique, mais plurielle.
Mais à cela une condition incontournable : l’évolution doit se faire au niveau planétaire. Si, seule la France ou même l’Europe s’engage dans cette démarche, c’est perdu d’avance. Et l’on peut douter, avec raison, que tous ces pays en développement, qui aspirent à atteindre notre niveau de « bien être » matériel, ne soient pas tellement enclins à nous suivre sur cette voie.
Rendez vous pour le sommet de Copenhague.
L’équipe du Petit Barjacois
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