Avant d’aborder le solaire photovoltaïque et à l’approche du sommet de
Copenhague sur le réchauffement de la planète, il faut souligner que le solaire thermique est un espoir pour les pays en voie de développement, notamment les pays du sud où sa rentabilité est
prouvée.
Un projet européen à Séville (Espagne) inauguré en 2007, la centrale à concentration PS10, prouve la viabilité de la production d’électricité solaire. PS10 est une centrale solaire à tour d’une capacité de 11 MW. Elle produit plus de 23 GWh d’électricité par an au moyen de 624 miroirs de 120 m2 chacun. Le capteur solaire, qui se trouve au sommet d’une tour de 115 m de hauteur, est utilisé pour produire de la vapeur qui alimente ensuite la turbine. La centrale fournit de l’électricité à 5500 foyers et évite le rejet dans l’atmosphère de 6700 tonnes de CO2 par an. Une 2ème centrale solaire à tour est actuellement en construction.
Un réel espoir pour les pays en développement s’il y a la volonté politique et financière pour la réalisation de ce type de projet (le deuxième projet de centrale à tour à Séville aura un coût de 11.6 millions d’euros).
Sur le même site, se situe la première centrale photovoltaïque d’Europe (Sévilla PV) à être exploitée commercialement.
Cela nous amène au photovoltaïque.
A notre connaissance il n’existe, en France, aucune centrale photovoltaïque du type de celle installée à Séville (Sévilla PV). Néanmoins, la ville de Perpignan développe un projet de centrale, d’ici 2015, d’une capacité de production de 9 MW (représentant les besoins d’environ 12 000 habitants). L’investissement serait de 55 millions d’euros. Gros avantage : les panneaux solaires seront intégrés sur les toits de la plateforme de transport logistique St Charles International.
C’est un élément important qui détermine, à notre avis, le développement du solaire photovoltaïque en France.
En effet, si la population est prête, dans la majorité des cas, à accepter la pose de panneaux solaires sur les toitures, il n’en est pas de même pour leur installation au sol.
Le problème des fermes solaires se pose.
Qu’un propriétaire foncier (agriculteur ou autre) profite de la surface de ses toitures pour produire de l’électricité, pourquoi pas ? Mais l’implantation au sol de panneaux solaires en grand nombre peut être un sujet de polémique. La ferme photovoltaïque de Narbonne (plus grosse unité de production solaire en France) couvre 23 hectares. Dans le Tarn, un projet doit couvrir 50 hectares.
Lorsque l’on constate le prix de rachat de l’énergie par EDF, on peut s’interroger sur la véritable raison qui pousse certains propriétaires fonciers à investir dans ce type d’installation. Est-ce vraiment la motivation écologique ou tout simplement l’appât du gain ?
Les fermes photovoltaïques, avec panneaux au sol, ne devraient être installées qu’avec beaucoup de précautions et en prenant en compte tous les paramètres extérieurs (retombées écologiques, réactions du voisinage, impact sur les paysages, etc.).
Dans les villages et villes de France, dans certains quartiers, on ne peut toucher aux toitures, on est obligé de respecter certaines normes. Est-ce que les pouvoirs publiques sont prêts à changer ces règles pour installer des panneaux solaires sous prétexte que c’est vital pour la planète ; à notre connaissance, non.
Dans certaines régions de France, les matériaux pour les toitures sont imposés (lauze, ardoises, tuiles provençales ou autres) ; là aussi, est-on prêt à accepter des panneaux solaires, il semblerait que non.
Alors, dans le cas d’installation de panneaux au sol en grande quantité, une concertation nous semble être nécessaire entre les porteurs de projet et tous ceux qui directement ou indirectement en subiront les conséquences.
Reste l’utilisation des surfaces de toitures pour implanter les panneaux. Evidemment, cela revient plus cher que de les poser au sol, mais n’oublions pas que la pose de panneaux voltaïques est actuellement une très bonne affaire pour les particuliers. L’état, les régions et autres …. distribuent des aides substantielles pour favoriser ces installations. De plus EDF est obligé de racheter l’énergie produite aux usagers qui ne la consomment pas sur place. Aucun usager intelligent ne va consommer sa propre production puisque EDF la lui payera plus cher (c’est le moins que l’on puisse dire) qu’elle ne la lui revendra.
Ce point souligne une injustice flagrante et l’exclusion voulue d’une partie de la population en ce qui concerne la lutte contre le réchauffement climatique par l’utilisation des énergies renouvelables. En effet, les aides pour l’installation de panneaux solaires se font par crédit d’impôt. A partir de là, on exclut de cette démarche, toute la population qui en France ne paie pas l’impôt sur le revenu (16 millions de contribuables sur 33 millions sont soumis à l’impôt sur le revenu) Il y a 17 millions de contribuables qui ne sont pas concernés. Si on y ajoute les contribuables de la première tranche peu imposables, ils sont 2 millions, cela fait 19 millions de contribuables sur 33 qui ne pourront pas participer au développement des énergies renouvelables par une démarche dite « citoyenne ».
A partir de cette constatation, il nous paraît évident que c’est à la puissance publique de faire l’effort. Pourquoi toutes les nouvelles constructions mis
en place par les communes, les départements, les régions et l’état ne sont telles pas construites de façon à être autosuffisantes en énergie ? Pourquoi ne se servent-ils pas des
bâtiments existants pour développer le photovoltaïque ? Il y a quelques cas, mais cela devrait être systématique. Ne peut-on pas exonérer de TVA, tous les matériaux ou matériels destinés à
faire des économies d’énergie (qu’ils soient destinés aux entrepreneurs ou aux particuliers).
Si nos décideurs sont vraiment convaincus que le réchauffement climatique met notre planète en danger, il serait souhaitable qu’ils montrent l’exemple d’une manière plus conséquente dans la gestion des territoires. Si cela n’était pas fait, on pourrait s’interroger sur la démarche vis-à-vis des particuliers. De toute façon, ne nous faisons pas trop d’illusion sur le cadeau royal qui est le rachat d’énergie par EDF. Nous le paierons tous un jour, même ceux (surtout ceux ?) qui auront été dans l’impossibilité, financière ou autre, de profiter de ce cadeau.
Vous avez remarqué, on voit apparaitre des sites internet aux noms révélateurs. Par exemple : « www.gagnerdelargentavecmamaison.com » ou des adresses comme : « groupe-energie-environnement.com » avec le slogan « particuliers : 0€ d’apport jusqu’à 48000€ de revenus ».
Il y a de quoi se poser des questions sur la motivation écologique de certains et la dérive commerciale engendrée par la mise en place des mesures d’accompagnement.
La semaine prochaine, quelques éléments techniques sur le photovoltaïque.
L’équipe du Petit Barjacois