Ce que je vais décrire n’est pas nouveau. Mais, force est de constater que Barjac, que ce soit en avant saison ou même pendant la saison, ressemble à un îlot désertique si on le compare à ses voisins.
Qui n’a pas remarqué cette frontière au pont sur la Cèze, juste avant Goudargues et qui mène à Méjannes ? Le weekend et aussi les jours de la semaine (mais surtout pendant les we du mois de juin) de Goudargues à Bagnols, on constate une circulation intense et une fréquentation importante des villages, des commerces et des restaurants. Passé le pont, vers Barjac, le désert. A Barjac, même le dimanche, contrairement aux autres villages, personne dans les rues, terrasses des cafés désertes. Village endormi …. non mort.
Même constatation du côté de Vallon. Même fréquentation importante qui cesse à l’embranchement vers La Bastide de Virac en face d’Indy Parc.
Bien sur, il y a des années que cette situation perdure. Mais autour de nous, les élus qui ont pris conscience de l’importance du tourisme pour l’économie de leur région se bougent.
Nous, nous nous sommes laissé vivre ou plutôt survivre.
Il faut reconnaître, qu’à Barjac, depuis plus d’une décennie, nous avons un Maire qui attache beaucoup plus d’importance à son paraître qu’à l’essor économique de son village. Il est vrai qu’il doit penser : « Pourquoi développer Barjac pour ces commerçants qui ne sont que des nantis tout juste bons à payer des taxes communales exorbitantes ?». Le comportement du Maire prouve que cette question, il la traîne depuis des lustres et qu’il n’a pas envie d’y répondre, méconnaissant, par ailleurs, les conditions d’existences des barjacois qui travaillent dans le village. Jusqu’au jour où il s’apercevra qu’insidieusement le village est devenu un hameau vieillissant. Nous ne serons peut-être plus là pour le constater …. Mais nos enfants ?
Faire de la politique, être en poste de responsabilité, en un mot gouverner :
c’est prévoir, c’est préparer l’avenir (l’avenir du village, pas celui du Maire).
Prenons l’exemple de la communauté de communes de Goudargues (Valcézard).
Bien sûr, Goudargues a sa propre réputation depuis des décennies (mais elle n’est certainement pas venue toute seule),
Bien sûr, ils ont deux villages (Aiguèze et La Roque/Cèze) classés « plus beaux villages de France ».
Mais ils ne se sont pas contentés de cela ; avec l’aide du Conseil Général, ils ont créé 300 kilomètres de randonnées pédestres, équestres et VTT. Tout cela avec de la promotion importante, notamment au niveau des salons spécialisés et autres.
Sans parler de l’édition de nombreuses documentations touristiques, à laquelle, avant que l’Office de tourisme ne change de politique, Barjac participait.
Dans cette démarche touristique, on constate la puissance du regroupement des 16 communes formant la communauté de communes Valcézard.
Autre exemple, la commune d’Allègre qui a choisit un développement touristique offensif au niveau du « culturel » de manière à retenir sur son territoire les visiteurs que génèrent les thermes. Là aussi, une volonté politique est en place. Les thermes, il y a quelques années étaient mal en point. La promotion papier et internet est conséquente et à pour but de drainer le plus largement possible les touristes sur toute la région. Barjac commence à faire pâle figure au niveau du culturel cher à M.Chaulet. Seul le festival de « Chant Libre » tire son épingle du jeu ; mais ce n’est qu’un événementiel qui a ses limites en termes de retombées économiques.
Un autre encore, la commune de Méjannes qui a développé son côté sportif en s’appuyant sur le Conseil Général , développant la structure « Espace Gard découvertes » qui depuis qu’elle n’est plus sous la coupe des élus communistes connait un développement croissant.
100 kilomètres de randonnées pédestres, équestres et VTT ont été créés, avec l’aide du Conseil Général. Méjannes le Clap est un village où, l’été, on se sent en vacances avec les bruits d’eau et les cris d’enfants venant de la piscine.
On pourrait aussi parler de la mise en place de 100 autres kilomètres de randonnées sur la communauté « Pays de Cèze » qui viendront s’ajouter aux 100 kilomètres de Méjannes en octobre prochain (toujours avec la participation financière et autre du Conseil Général).
J’ai l’air de me répéter en citant le Conseil Général, mais il faut savoir que celui-ci ne participe à ces opérations qu’avec les communautés de communes. Exit Barjac.
Dire qu’on a un maire qui est Conseiller Général. A quoi cela nous sert-il ?
Je ne parle pas de la montée en puissance de l’Office de Tourisme de St Ambroix repris en main depuis peu par une prestataire touristique de notre territoire qui officiait avant à l’Office de Barjac. Comme quoi, les professionnels du tourisme savent reconnaître les outils efficaces pour l’essor économique de la région.
Alors,
Barjac qui voit sa zone d’activités péricliter et directement concurrencer par celle de St Jean, avec l’aide de M.Chaulet,
Barjac qui stigmatise ses agriculteurs,
Barjac qui n’aura plus que le tourisme comme viatique,
quel avenir pourra-t-il donner à ses enfants si rien n’est fait pour sortir de cet isolement mortel ?
Déjà nos jeunes, du moins ceux qui veulent rester au pays, sont obligés de partir. Rien ne leur est proposé. Même les emplois d’été qui étaient nombreux il y a une dizaine d’années ont disparus.
Alors bien sûr, des gens s’installent, apprécient le calme de notre village. Certains ouvrent même de nouveaux commerces comptant sur un miracle cet été, histoire de se refaire pour sortir de la crise. Mais attention, notre village est ce qu’il est grâce à nos commerçants, ouverts à l’année, qui lui donnent sa vie propre. Ceux-ci sont mal en point et s’ils disparaissent, le village deviendra beaucoup moins attrayant. Il ne faut pas que la petite saison d’été leur permette de survivre l’hiver, mais de vivre correctement toute l’année. Mais je ne sais pas si une personne qui n’a jamais rien entrepris de sa vie avec ses moyens personnels, peut comprendre ce genre de chose.
Il faut se reprendre en main. Un avenir est possible pour notre village dans la compétition qui sera, à n’en pas douter, de plus en plus dure.
Des idées, il y en a. Des bonnes, des mauvaises. Mais il faut donner aux acteurs économiques la possibilité de s’exprimer et prendre en compte ce qu’ils ont à dire. Ne nous faisons pas d’illusions, l’essor de Barjac aura un coût. Mais quand on trouve 1 200 000 euros pour restaurer un château sans réel but économique (la moitié à la charge des barjacois – ha quand même !) il ne devrait pas y avoir de problèmes pour financer un grand projet touristique qui, à terme, améliorera la vie de tous.
Mais je doute que cette démarche entre dans les vues du Maire de Barjac. Celui-ci préfère sans doute faire croire aux débouchés du « bio » pour le village. Deuxième film en préparation, salon du bio pour le début de l’année prochaine à Barjac. De l’événementiel ciblé qui n’assure en rien le développement du village.
AL
PS : Au fait qu’est devenue la démarche « village de caractère » ? Il y a maintenant des années que cela traîne.
Plusieurs questions se posent.
Est-ce que les subventions liées à cette opération ont été versées par le CDT ?
Si oui, que sont-elles devenues ?
Pourquoi le village n’est-il pas encore identifié « village de caractère » ?
Quels sont les critères qui nous définiraient comme « village de caractère » ?
Quelle promotion nous apporterait ce classement ?