Nos élus (ne voulant pas nous inscrire dans une démarche de partis, nous ne les désignerons pas) de quelques bords que ce soit, s’insurgent souvent sur l’accès aux soins à deux vitesses, sur une éducation ne donnant pas la même chance à tous et en règle générale sur l’inégalité des chances de tous dans notre vie et particulièrement dans celle de nos enfants. Ils n’ont d’ailleurs pas tort. Et c’est leur rôle, dans une démocratie comme la nôtre, de veiller à gommer, dans la mesure du possible, ces différences.
Ceci posé, on peut s’étonner du comportement de certains, au niveau du « bio », et Barjac en est un exemple.
Passons sur les particularités locales. Le comportement, d’un autre âge, du Maire de Barjac en ce qui concerne son accompagnement des élèves à la cantine scolaire, n’est, nous l’espérons, pas révélateur du comportement des autres élus qui ont adopté le « bio » au sein de leurs écoles (voir l’article : « nos enfants nous accuserons »).
Eduquer les gamins au « bio », c’est une chose.
Mais si cela doit se faire, c’est dans le respect de l’enfant et surtout des parents qui, à la limite, ne sont peut-être pas d’accord avec ce mode d’alimentation. Nous sommes dans un pays de libertés et le rôle de l’école n’est pas, pour l’instant du moins, de dicter, par l’intermédiaire de l’enfant, un nouveau comportement de consommation aux parents. Les parents sont à même de décider de ce qui est bon pour leurs enfants. Ils ne sont pas idiots. Ce sont les moyens qui leur manquent.
Bon mais admettons (c’est ce que l’on nous dit) que cela soit fait pour essayer de changer le comportement de nos petits dans l’avenir.
Mais en auront-ils les moyens ?
Et là est le vrai problème !!!!!!!!!
Pour en revenir à la comparaison avec la santé ou l’éducation, il est curieux de constater que ces mêmes élus, si vertueux, sont en train, par le comportement cité auparavant, de mettre en place un système totalement déséquilibré ; système porteur d’injustice en ce qui concerne l’alimentation et plus généralement la consommation des foyers.
Bien entendu, les pros « bio », à l’argument : le « bio » est cher, s’insurgent haut et fort en niant le phénomène. J’en ai même entendu dire que lorsque l’on mange « bio », on mange moins et que donc cela revient moins cher ….. ????.
Je suis désolé, mais une enquête approfondie au niveau des magasins pratiquant les deux types de consommation, révèle des prix supérieurs de 30 à 50 % pour le « bio ». Il faut vraiment manger beaucoup moins.
Quelques exemples :
Le lait entier: bio à1 € 55 ------- pas bio à1 €07 (le litre)
Les carottes : bio à2 € 20 ------- pas bio à 1 € 10 (le kilo)
Les aubergines : bio à 2 € 60 ------- pas bio à 1 € 80 (le kilo)
Le concombre : (qui tient le pompon) : bio à 1 € 90 ------- pas bio à 0.70 €
Les pommes de terre : bio à 1 € 88 ------- pas bio à 0 € 99 (le kilo)
Les oranges : bio à 2 € 20 ------- pas bio à 1 € 20 (le kilo)
La farine : bio à 1 € 57 ------- pas bio à 1 € 05 (le kilo)
Les œufs : bio à 0 € 51 ------- pas bio à 0 € 29 (l’unité)
Ces prix ont été relevés, il y a un mois, dans diverses grandes surfaces. Ils ne sont peut-être plus exacts, mais le rapport de l’un à l’autre reste le même. J’en ai beaucoup d’autres mais cela deviendrait fastidieux. Comme vous le voyez je me suis contenté des produits que chacun d’entre nous utilise tous les jours (et ce ne sont pas des produits discount en ce qui concerne le « pas bio »).
En parlant de « discount », quand on sait que bon nombre de barjacois se servent, par manque de moyens, dans les LIDL et autres magasins du même type, on se dit qu’ils ne sont pas prêts à pouvoir s’offrir le luxe que représente le « bio ».
Alors, vous les élus, et plus particulièrement le Maire de Barjac, il serait urgent, plutôt que de vous préoccuper de votre image personnelle en vous faisant passer pour les sauveurs de la planète, de vous pencher sur les filières « bio » de manière à le rendre accessible à tous (et notamment au niveau industriel).
Nous voulons tous bien nous nourrir.
Le « bio » oui, mais pour tous.
Pourquoi les personnes, disons aisées, auraient la possibilité de manger sainement tout en acceptant que ceux qui n’en n’ont pas les moyens « crèvent » (passer moi l’expression, mais ce sont les pros bio qui disent que nous allons mourir – la campagne contre les agriculteurs à Barjac a été assez révélatrice sur ce sujet).
Il est de la responsabilité des élus à quelque niveau qu’ils se trouvent de se mobiliser pour offrir à toute la population les moyens de consommer le mieux possible (notre Maire est aussi Conseiller Général et nous ne l’avons pas beaucoup entendu s’exprimer, dans cette instance, sur le sujet). Cela passe par une intervention forte au niveau de la grande distribution (66.1 % des consommateurs en grande surface et 15.2 % chez les discounts - mais qui aura le courage de le dire et de le faire ?), par le développement et l’aide aux producteurs qui même s’ils ne font pas du « bio » se dirigent vers une agriculture raisonnée, à notre avis seule solution intermédiaire viable.
La solution, envisagée par le Maire de Barjac, d’installer trois ou quatre agriculteurs bio sur la commune (avec notre argent) au lieu d’entamer une concertation constructive avec les agriculteurs déjà installés et qui paient leurs impôts à Barjac est assez révélatrice du mépris que celui-ci a envers eux. La proposition pour les inciter à passer au « bio » est, je crois, de les exonérer de l’impôt foncier. Quand on sait que cette opération gèle les sols pendant trois ans …. ?
Et puis, un jour, il faudra m’expliquer, comment une terre dite « bio » peut exister entourée de terres traitées.
Pour cela, je pense que le Maire de Barjac va nous trouver une solution pour canaliser les vents de manière à ce que ceux-ci ne passent pas sur les terres « bio ».
Allez, j’ai été assez long comme ça. Je vous quitte.
Essayez, dans la mesure de vos moyens, de privilégier les petits producteurs de notre campagne qui ne sont peut-être pas « bio » au niveau du label qu’ils n’auront probablement jamais, mais qui font des produits excellents plus respectueux de l’environnement que certains. Au fait, vous savez qu’une tomate cultivée sous serre et hors terre ne reçoit aucun produit pesticide ni chimique ni naturel. Elle est, de fait, plus bio que la tomate qui a le label. Comme quoi le « bio » n’est certainement pas une question de goût.
Bonsoir à tous
John Doe