Pas de déclaration grandiloquente, pas d’annonce élogieuse, pas d’article dithyrambique, pas d’étalage dans le blog du Maire ;
la nouvelle est pourtant d’importance :
La commune de Barjac n’est plus classée
en Zone de Revitalisation Rurale
On comprend le silence et la modestie du Maire de Barjac (l’arrêté a pris effet au 1er janvier). C’est plutôt un coup dur. Bien qu’il devait s’y attendre ; il a tout fait pour que cela arrive (un peu sur l’exemple de la perception – voir l’article : l’isolement nous conduit à notre perte).
Les faits : un arrêté du 9 avril 2009, paru au journal officiel du 11 avril 2009 page 6337, texte n°7, détermine les communes classées en Zone de Revitalisation Rurale (ZRR).
Barjac,
qui jusqu’ici, comme toutes les communes du canton, en faisait partie,
en est maintenant exclue.
Cela avait déjà failli arriver en 2007.
Rappelons, bien que ce soit indigeste mais absolument vital pour l’économie barjacoise, les avantages qu’apporte ce classement.
Tout d’abord, sachez que les ZRR visent à aider le développement de territoires ruraux à partir de critères objectifs clairement définis.
Le classement en ZRR permet aux entreprises des territoires concernés, de bénéficier d’avantages fiscaux conséquents, par exemple lors de leur création (dans des secteurs comme l’artisanat, le commerce, l’industrie, les activités de recherche, d’études ou d’ingénierie, etc.).
Les dernières mesures applicables aux ZRR avaient été définies en 2005. La réforme avait eu pour but d’accroître les dispositifs fiscaux et d’inciter à des regroupements intercommunaux pour que les actions menées dans les communes en ZRR soient plus efficaces.
Dans ces zones, les entreprises bénéficient notamment d’exonération de fiscalité locale. C’est le cas, entre 2 et 5 ans au choix des collectivités, pour la taxe professionnelle (TP) des professionnels de santé (médecins, auxiliaires médicaux, etc.). De même, les professions commerciales bénéficient de l’exonération de TP, sauf délibération contraire, pendant 5 ans, en cas de création d’établissement ou, dans les communes de moins de 2000 habitants situées en ZRR, en cas de reprise d’établissement par une entreprise exerçant la même activité, si l’activité est exercée la 1ère année avec moins de cinq salariés. Même chose pour les artisans.
Voilà pour les plus importantes. Les énumérer deviendrait fastidieux ; mais une petite dernière : il semblerait que les personnes domiciliées sur la commune de Barjac et qui ne rentrent pas dans les critères d'ancienneté au niveau du chômage n’aient plus droit aux emplois aidés par l’état (type CA ou CAE) ni à Barjac, ni ailleurs; c'était le cas avant grâce au classement en ZRR.
Tout cela pour dire que cette exclusion de la liste des communes classées en ZRR est dramatique pour Barjac ; d’autant plus que toutes les autres communes du canton sont, elles, toujours classées ZRR.
Un fait que l’on constate tous les jours : les villages environnants se développent plus vite que Barjac. Cette décision va aggraver les choses et accélérer le déclin économique de Barjac.
Pour ceux qui n’en seraient pas encore convaincus ; il suffisait de comparer la fréquentation touristique des villages alentours pendant le week end du premier mai à celle de Barjac (notamment celle des campings). Et je ne parle pas de Vallon Pt d’Arc où les campings étaient complets. Quand on sait que l’économie touristique, directement ou indirectement, est vitale pour tous, on est en droit de s’inquiéter de l’avenir.
A vouloir s’exclure de tout, le Maire de Barjac se fait exclure de tout. Dans le monde globalisé tel que nous le vivons, soyons lucide ; le petit village gaulois qui résiste seul à l’envahisseur, c’est amusant en BD, mais dramatique dans la vie de tous les jours.
Pendant que le Maire de Barjac fait le beau
sur une scène nationale (et internationale ?) bien fade,
les barjacois rament pour joindre les deux bouts.
John Doe pour LPB