L’Office de tourisme de Barjac nous avait habitué, avant le changement de direction, à une activité débordante au service du village et de la
région.
Delphyne, salariée de l’Association, était appréciée dans le village, au service de tous et engagée, aux dires de l’ancien Président de l’Office,
dans toutes les actions de développement menées par la Fédération Départementale des Offices de Tourisme du Gard.
Depuis deux saisons déjà, plus rien. Ou si peu que l’on a l’impression que la nouvelle signalétique n’est là que pour offrir un service minimum aux touristes de passage. Ce qui nous a choqué,
à vrai dire, c’est l’absence de Barjac au niveau des documentations proposées aux touristes dans les Offices voisins.
Alors que les rayons de ces Offices sont envahis par les guides touristiques des villes et villages gardois, rien sur Barjac. Mais alors ? Pourquoi, dans la revue municipale 2008 de
Barjac peut-on lire : « il suffit aujourd’hui de consulter le site internet pour constater que le nombre d’adhérents a augmenté, que les domaines d’activités proposés sont plus
larges et le rayonnement géographique plus étendu » ?
Alors, que vu de l’extérieur, on constate le contraire. La seule explication serait que l’Office de Barjac, pour ses responsables, n’existe qu’au travers de son site internet. En résumé, on pourrait penser que, d’après le Maire de Barjac (ou la revue municipale – ce qui est la même chose), avant, tout était à jeter ; maintenant tout est merveilleux.
Nous avons donc décidé de nous tourner vers l’ancien Président de l’Office de Tourisme qui avait, avec son conseil d’administration, pendant 12 ans (trois comme trésorier et neuf comme Président), fait évolué l’Office de Tourisme de Barjac de Syndicat d’Initiative à Office de Tourisme deux étoiles.
Bien que ne s’étant pas exprimé, volontairement, sur ce sujet depuis ce qu’il considère comme une prise de contrôle du maire de Barjac sur le fonctionnement de l’Office, il a accepté de répondre à nos questions.
LPB : Globalement, quel jugement portez vous sur le fonctionnement de l’Office de Tourisme ?
AL : Tout d’abord, je voudrai vous remercier. A Barjac, il n’est pas facile de s’exprimer en toute liberté. Votre Blog semble être une nouvelle tribune permettant à tous d’émettre des opinions qui ne correspondent pas forcément au « municipalement correct ».
Je voudrais aussi en profiter pour rendre hommage à André Divol (mon prédécesseur dans la fonction) qui a souvent, et heureusement contre l’avis du Maire de l’époque (le même qu’aujourd’hui), fait évoluer l’Office dans l’intérêt du Tourisme sur toute la vallée de la Cèze.
Pour vous répondre ! En fait, je ne suis plus directement en prise avec les responsables de l’Office de Barjac (pardon, avec le Maire de Barjac !), je vous parlerai plutôt du sentiment qui se dégage des autres Offices. Pour ceux ci, l’Office de Barjac fonctionne sur lui-même avec peu ou pas du tout de contact avec eux. La réflexion qui revient souvent est : « il vit en autarcie ». Les rapports sont assez laborieux quand ils existent ; pour exemple les offices du Gard n’ont à ce jour aucune documentation sur Barjac. Il est clair que le Maire de Barjac a reporté sa politique d’isolement sur sa façon de faire fonctionner l’Office.
Ce qui est certain, c’est qu’en 2007, il y avait environ 150 adhérents à l’Office. Le site internet actuel est loin d’en répertorier autant. L’observation du fonctionnement de l’Office démontre qu’il est en perte notable d’influence et que toutes les actions revendiquées dans la revue municipale étaient déjà assurées par l’ancienne structure.
Une remarque, on peut s’interroger sur la crédibilité de la revue municipale quand on constate la « langue de bois » utilisée pour l’article sur l’Office de Tourisme de Barjac.
LPB : Mais pourquoi le Maire de Barjac a-t-il voulu prendre le contrôle de l’Office, alors que celui-ci, aux dires de tous, fonctionnait bien et était en progression constante ?
AL : Pour deux raisons.
LPB : Comment s’y est-il pris pour prendre le contrôle ?
AL: Tout simplement. En bloquant le versement de la subvention avant la date prévue par la convention, il me forçait à un licenciement économique sur la salariée de l’Office que je ne pouvais plus payer. A l’assemblée générale, aidé par quelques individus qui ne méritent pas d’être cités, j’ai subi des attaques qui m’ont bien fait comprendre que j’étais indésirable à la tête de l’Office. Je ne parlerai pas ici des promesses non tenues du Maire, des insultes de certains conseillers municipaux, du comportement méprisant envers la salariée de l’Office, de la veulerie de certains. Tout cela a entrainé ma démission.
LPB : Mais, de par le Code du travail, ils étaient obligés de reprendre la salariée ?
AL : Bien sur. Généreusement, le Maire lui a proposé un Contrat à Durée Déterminée, au SMIG, de manière à former pour la saison 2008 sa remplaçante. Je vous rappelle, qu’elle était embauchée sous Convention Collective du Tourisme, à un peu plus de 1500 euros brut par mois et en Contrat à Durée Indéterminée. Dans ces conditions, le choix était vite fait. C’était une manière de la « virer » tout en profitant de son expérience pour former le nouveau personnel. Une question en passant : comment appelle-t-on un Maire qui milite dans un parti politique qui demande qu’il n’y ait pas de salaires inférieurs à 1500 euros par mois et qui ne met pas cette pratique en application quand il est en position pour la réaliser ? Peut être y a-t-il un léger problème de crédibilité, vous ne trouvez pas ?
LPB : Revenons à la promotion touristique. Est-ce que le Maire de Barjac ne compte pas sur son image Bio pour attirer les touristes ? Certains articles de presse vont dans ce sens.
AL- : Il a même parlé d’un effet "chtis". Bien sur, touristiquement parlant (j’insiste sur ces deux termes, ne voulant pas entrer dans un débat sur le bio), faire de Barjac un village bio est une idée qui peut marcher si l’on considère l’engouement de nos concitoyens pour cette forme de consommation. Seulement, comme a son habitude lorsqu’il s’agit de tourisme, le Maire de Barjac, s’y est très mal pris. Un projet de cette ampleur devait commencer par une vaste concertation avec toutes les parties prenantes (prestataires touristiques, commerçants, agriculteurs, restaurateurs, etc …) afin que tout le monde se sente concerné et participe à la transformation du village. Je dis bien concertation et non stigmatisation comme ça été le cas. N’oublions pas que le passage au bio pour certaines structures (en fait tous les commerçants qui transforment les produits ou qui vendent des produits non conditionnés et surtout les agriculteurs) demande des engagements financiers importants. Un restaurant ne peut se proclamer « restaurant bio » parce qu’il utilise quelques légumes issues de l’agriculture biologique dans ses préparations. J’attends de voir, avec inquiétude, les touristes venant cet été à Barjac pour le bio et découvrir un village comme les autres ou a peu près.
Et puis, il serait tellement plus porteur de développer ce concept avec ceux qui nous entourent. Plus la région concernée sera étendue, plus elle sera identifiable par le touriste. Mais attention, le bio seul est illusoire. On ne peut promouvoir ce type de consommation et se désintéresser de l’environnement. Notre faune et notre flore sont exceptionnelles et il faut les intégrer à une démarche environnementale. Quand on voit la friche industrielle qu’est devenu le domaine de Ribaute, quand on voit certaines constructions dégradant le paysage sur le territoire de la commune, on peut s’interroger sur la volonté de la municipalité de maintenir un environnement en osmose avec le concept bio.
LPB : On vous sent un peu « revenchard » sur ce coup là.
AL : Peut être. Bien que s’il faut parler de « revanche », une autre raison de cette attaque contre moi et par voie de conséquence l’Office est le fait que je me sois présenté aux élections municipales sur une liste opposée à celle du Maire. A Barjac, la haine domine le débat politique. Nous sommes en présence d’une démocratie monarchique. Sauf que, lorsque l’on observe la façon dont se passe la campagne électorale des municipales, on peut émettre des doutes sur la démocratie. Reste la monarchie.
John Doe pour LPB