Un e mail, envoyé par le Président de l'Office de Tourisme de Barjac circule
actuellement. Les sujets qui y sont traités nous paraissent importants et nécessitent, à nos yeux, quelques précisions. Nous nous sommes donc adressés à l'ancien Président pour avoir son
sentiment. L'actuel n'y verra probablement rien à redire puisqu'il nous invite, à la fin de son mail, à réagir "sur le net".
L'Admin
E mail envoyé par le Président de l'Office de Tourisme de
Barjac
En rouge, les commentaires d'A.L..
Chers adhérentes, chers adhérents
et acteurs du tourisme,
La situation des acteurs du tourisme dans le Gard devient difficile et je tiens à en témoigner en tant que Président d'Office de tourisme, mais également comme dirigeant d'entreprises
liées à l'activité touristique.
4 raisons de manifester notre mécontentement et nos doutes pour l'avenir du tourisme dans notre région:
1) La Fédération National des Gîtes de France, dans une querelle technique et administrative, désactive de son site internet National l'affichage des adhérents classés
"Gîtes de France" de notre Fédération Départementale Gardoise, et ce depuis le 14/01/2011. Alors que la cotisation payée par chaque adhérent est départementale mais aussi
nationale.
L'outils indispensable à certaines petites structures est ainsi supprimé en pleine période de réservation!
Cette situation est inadmissible et les adhérents gardois n'ont pas à être les otages de ces différents entre Fédérations, Nationale et Départementale.
Ce qui s'est passé : Au niveau national (gîtes de France), il a été décidé de passer la commercialisation des gîtes à une société privée.
C'était loin d'être une querelle technique ou administrative, mais bien un problème de fond mettant en cause la philosophie et le fondement des gîtes de France. Il faut savoir que la majorité des
gîtes se sont créés avec des deniers publics (subventions). On comprend qu'il y ait eu une vive réaction au niveau départemental. Plusieurs départements ont réagi. L'affaire a donc été portée
devant les tribunaux . Avant même l'énoncé du verdict, cette semaine, les gîtes de France ont renoncé à leur projet et sont revenus au fonctionnement antérieur. Fin de l'histoire. Tout est
redevenu comme avant (jusqu'à la prochaine tentative).
2) Suite à la Réunion sur invitation du CDT et des représentants de CLéVacances du 26/01/2011, il nous est annoncé que CléVacances n'assurera plus les classements... cette
compétence sera sans doute donnée aux Offices de Tourisme !
La préfecture ne s'occupera plus des classements, seules les mairies prendraient en compte les déclarations d'activités de gîte et chambre d'hôte.
Nos OT subissent encore une fois la pression et se verront sans doute adjuger des tâches pour lesquels ils ne sont pas forcément formés. Et tout cela, sans doute,
sans aucune rétribution.
Ne va-t-on pas vers un appauvrissement de nos hébergements ruraux et vers une perte de qualité ? au dépend d'une économie substantielle recherchée par les pouvoirs publics vis à
vis du secteur tourisme ?
Le CDT continue les classements du label
Clévacances. En fait rien ne change. Les classements "préfecture" étant facultatifs, le CDT
qui les effectuait jusqu'ici à titre gracieux a décidé de ne plus les faire et de les remettre dans les mains de la préfecture. Le CDT fait, dans ce cas de figure, une économie substantielle
qu'il peut reporter sur la gestion du label Clévacances. En aucun cas, à ce jour, il n'a été demandé aux mairies et aux offices de tourisme de s'occuper
de ce classement. Il faut dire que celui-ci ne servait pas à grand chose et que les seuls classements, avec label, efficaces, sont Clévacances et Gîtes de France. Par contre, ce qui reste
en vigueur est l'inscription en Mairie de tout meublé existant sur la commune. Mais cela a toujours existé.
Petite remarque personnelle : j'ai toujours été pour le fait que les offices de tourisme
participent aux classements pour l'obtention d'un label, quel qu'il soit, de manière à mieux connaître leur parc de locations et d'entretenir des rapports étroits avec les loueurs. Il me semble
que cela fait partie des missions des offices de tourisme. Certainement plus que l'organisation de "salon", organisation qui est de la seule compétence des municipalités et des professionnels
concernés.
Par expérience, je peux témoigner que le classement préfecture ne servait en
aucune manière à la promotion des meublés. Il est pour le loueur parfaitement inutile.
3) "Pays Cévennes" joue au yoyo avec la taxe de séjour !
Depuis 9 mois et sans aucune concertation avec la base (c'est à dire les propriétaires de gîtes, chambres d'hôtes, campings et hôtels du pays), une taxe de séjour
forfaitaire inéquitable est imposée par vote des 117 communes.
2 communes s'opposent à cette décision (Barjac et Rochegude) et 1 commune saisi le tribunal administratif pour la légalité de cette taxe > (Pont de Monvert).
Sous la pression des acteurs du tourisme, et de nombreuses pétitions, le Président du Pays Cévennes renonce le 28/01/2011 à la taxe de séjour forfaitaire pour
imposer dans la hâte, le 31/01/2011 toujours sans concertation avec la base, une taxe de séjour au réel toujours aussi INÉQUITABLE !
En effet les structures d'hébergements classées 4 épis ou étoiles se voient taxées à plus de 1,08€ par nuit et par adulte.
Les non classés restent entre 0,30 et 0,40€ par adulte et par jour.
Voila un bel exemple de logique et d'incitation à se faire déclasser.
Le fait qu'une taxe de séjour soit plus importante suivant le prix des locations ne me
paraît pas choquant en soit. C'est même plutôt logique. Maintenant, ce qui me parait essentiel, quelque soit le mode de calcul, c'est de donner à ce calcul le moyen de s'aligner sur les
fluctuations du marché touristique. En effet, depuis quelques années, la tendance, dans notre région est à la baisse (vacances plus courtes, moins de moyens financiers, effet crise et surtout
multiplication des structures). Je ne reviendrai pas, pour le cas de Barjac, sur l'incapacité de cette commune à se donner les moyens de
développer une offre touristique (je ne parle pas des locations mais de ce qui peut valoriser notre région et attirer les touristes d'une manière pérenne) qui puisse la sortir de l'isolement dans
laquelle elle se trouve.
Cela pourrait commencer par un Office de Tourisme réellement informé de ce qui se passe
autour de lui, sur les sujets qui le concerne directement . Un office de tourisme conscient qu'il ne peut agir seul et qui s'intègre, d'une manière constructive dans les réseaux des acteurs du
tourisme.
Le calcul de ce genre de taxe ne peut être rigide, car elle peut très vite, à terme, mettre
certaines structures en difficulté, surtout si elle prend de l'importance.
Maintenant, que les loueurs, par leurs réactions, aient pu faire fléchir le
Président du Pays des Cévennes sur le calcul au réel me paraît être le reflet d'un fonctionnement démocratique plutôt sain et c'est réjouissant.
D'un coté la Fédération Nationale des Gîtes de France n'assure plus sa mission de promotion vis
à vis de nos adhérents Gardois, de l'autre CléVacances ne labéllise
plus, et Pays Cévennes réclame une taxe de séjours hors de proportion avec les services de notre région, MAIS OU VA T ON ?
Il est certain, qu'avec l'Office de Barjac, on est en droit de se
demander où l'on va. Deux affirmations totalement fausses (la Fédération Nationale des gîtes assure toujours sa mission de promotion et Clévacances labellise toujours) et la troisième n'est pas
prouvée pour l'instant puisque pas mise en place.
4) Pays Cévennes et ses conseillers et consultants ont fait croire à certains maires et à certains
offices de tourisme que l'argent "récolté" grâce à cette nouvelle taxe de séjour revalorisée, servirait bien entendu à la promotion du pays mais aussi à la revitalisation de nos 13 OT
sur le territoire.
En fait elle servira bien à la promotion du Pays des CÉVENNES, mais pas forcément à mettre en avant l'identité propre à chaque office de tourisme.
D'autre part il a été prévu, dans les 2 modes de calculs prévisionnels de perception des taxes de séjours, que la part excédentaire, soit environ 120 000,00€ sur les
800 000,00 perçus, serait largement distribuée à chaque OT du Pays.
En réunions des Présidents d'OT à Myriapolis, j'ai à plusieurs reprise exprimé des doutes sur le fait que ces 120 000€ optimistes n'arriveraient jamais à nos OT.
Au final, nos offices de tourisme, liens indispensables entre les acteurs du tourisme local, les strates administratives inutiles, et nos touristes, se retrouvent
les
parents pauvres et les dindons de la farce.
Nous sommes très inquiets sur leur devenir !
Toute cette dernière partie n'est qu'un procès d'intention au service de la
position des maires de Barjac et Rochegude. Je ne dis pas qu'il ne faut pas être attentif à ce qui va se passer, mais il y a suffisamment de maires concernés au Pays des Cévennes pour contrôler
que tout se passera comme il a été dit, et que chacun assumera le travail qui correspond à sa compétence. Ne pas penser cela des maires, qui composent le Pays de Cévennes, revient à les mépriser
et à mettre en doute leur capacité à assumer leur fonction.
L'avenir nous dira qui a tord et qui a raison. Ce n'est certainement pas,
auhourd'hui, le Président de l'Office de Barjac qui nous le dira.
Alors réagissez, réagissons, exprimez-vous sur le net !
Antoine Agapitos
Président de l'Office de Tourisme intercommunal de Barjac.
Pour conclure, ce mail me parait être une charge du maire de Barjac, par l'intermédiaire du
Président de l'Office, contre toutes les composantes touristiques et le Pays des Cévennes, sans distinction, de manière à exister sur un thème où il est plutôt en difficulté par rapport aux
structures qui l' entourent.
Les amalgames faits sont assez révélateurs. De plus en plus isolé (le départ de la mairie de
St Privat de Champclos de l'Office de Barjac est significatif), se sentant à la dérive, il n'a plus que ce moyen pour exister. Cela devient un peu pathétique.
AL